Dossier * Le generique
Nous avons tous remarqué à quel point le générique de
DESPERATE HOUSEWIVES n'est pas
commun, c'est pourquoi j'ai décidé de rechercher d'où étaient tirées les œuvres d'art mises en scène.
Tout d'abord, il faut savoir que le compositeur de la musique de ce fameux générique est
DANNY ELFMAN.
Il est le compositeur attitré de Tim Burton, et a donc réalisé la BO de chefs d'œuvre tels que
Edward aux mains d'argent,
L'Étrange Noël de Monsieur Jack,
Sleepy Hollow,
Les Noces Funèbres,
Big Fish, et on le connaît également pour les musiques de
Spiderman,
Hulk... Et il
n'est autre que le créateur du générique du dessin animé
Les Simpsons!
Les images du générique retracent l'évolution de la condition de la femme, son émancipation.
Elles défilent en accord avec la chronologie historique: les références utilisées partent de la Génèse
jusqu'à nos jours. On y distingue donc différentes périodes:
Le commencement

La première référence est une peinture à l'huile,
Adam et Ève, de
Lucas Cranach l'Ancien (1528).
L'œuvre est soigneusement conservée à la Galleria degli Uffizi, à Florence, en Italie.
Selon la
Bible, Dieu a placé Adam et Ève dans le jardin Eden, dans lequel ils peuvent manger les
fruits de tous les arbres, sauf d'un. Après avoir été trompée par le serpent, Ève croque dans la pomme,
fruit de l'arbre interdit, puis l'offre à Adam. Dieu punit les pécheurs: Adam travaillera la terre pour se
nourrir, et Ève devra donner la vie dans la douleur.
Dans le générique, la pomme tombe sur Adam. Première allusion à la domination de la femme sur l'homme,
car la femme a demandé quelque chose à l'homme, et celui-ci l'a fait.
La pomme est d'ailleurs le symbole de la série!
L'Égypte Antique


La deuxième référence est une œuvre de David Roberts (1796-1864), reproduite en lithographie par Louis Haghe:
L'Hypostyle du temple de Philae. La lithographie est un procédé d'impression utilisant une pierre
calcaire. David Roberts était un peintre
TOPOGRAPHE, c'est-à-dire un peintre qui reproduit des lieux.
Durant l'Égypte Antique, les femmes avaient (presque?) les mêmes droits que les hommes, le mariage n'avait
pas la même valeur qu'aujourd'hui. C'est donc une image de la femme "libérée" qui nous est offerte dans
cette deuxième citation. On peut également faire un lien avec Cléopatre, qui était une femme de pouvoir.
La Renaissance


La troisième référence est un tableau,
Les époux Arnolfini, de Jan Van Eyck (1434)
On peut le voir facilement dans de nombreux livres d'Histoire.
À cette époque, on ne se souciait guère de la condition de la femme, et elle n'était l'image que
d'une mère au foyer. Dans le générique, l'homme jette un peau de banane et la femme nettoie ses détritus.
La femme est ici comme inférieure à l'homme, et n'est bonne qu'à faire des enfants et à faire le ménage.
Le XXe siècle


Les quatrième et cinquième références sont respectivement
American Gothic, de Grant Wood (1930),
et un pin-up des années 50.
Le nouveau millénaire approche et pourtant, la condition de la femme n'a pas grandement évolué par rapport à
la Renaissance.
L'homme quitte sa femme pour une femme plus jeune,
mais la femme trompée se retrouve finalement sur les boîtes de sardines alors que son mari ne marque
en rien l'Histoire. Victoire de la femme sur l'homme!
Les guerres mondiales

La cinquième référence est une affiche de Dick Williams qui date de la seconde guerre mondiale.
Il existe deux versions de cette affiche:
Of Cource I Can et
Am I Proud.
La femme ne représente encore et toujours qu'une mère au foyer, qui ici, fait certainement les courses
pour sa famille.

Une sixième référence se glisse dans cette image, il s'agit de la boîte de
Campbell's Tomato Soup
de Andy Warhol.
Les années 80


Les septième et huitième références sont des œuvres de Robert Dale,
Romantic Couple et
Couple Arguing.
Les années 80 marquent la libération de la femme, elles n'ont pas besoin de l'homme pour vivre, et peuvent
être indépendantes.
Dans le générique, la femme ose enfin s'opposer à son mari: on devine que l'homme a fait quelque chose de mal,
et pour se défendre, la femme lui donne un coup de poing.

La femme qui pleure fait allusion à
Crying Girl de Roy Lichtenstein.
Aujourd'hui

La femme est indépendante et libérée. Ici les quatre housewives ont une pomme à offrir, telles des
Ève qui
attendent leur (non-indispensable!)
Adam.
On pourrait attribuer une housewife à certaines de ces images.
En effet,
Ève peut représenter
GABRIELLE, la pécheresse qui trompe son mari,
Les Époux Arnolfi est à l'image de
BREE ET REX, avec Bree qui aime que
sa maison reste impeccable, et Rex qui ne partage pas forcément cette philosophie,
La pin-up serait
EDIE,
La femme de l'affiche de la seconde guerre mondiale peut être
LYNETTE, qui met
tout son cœur pour s'occuper de sa famille,
Et la
Crying Girl représenterait
SUSAN avec ses nombreuses déceptions
amoureuses.